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Bien-être

Comprendre sa "saison" : il y a un temps pour tout

Christine Gaubert

Christine Gaubert

Praticienne LaHoChi & Consultante Akashique

Nous traversons des saisons intérieures qui n'ont rien à voir avec celles du calendrier. Reconnaître la sienne — bourgeon, plein été, automne, hiver — change tout ce qu'on s'autorise. Et c'est l'une des compréhensions les plus libératrices qu'on puisse intégrer.

## L'illusion du progrès linéaire

Notre culture impose l'idée d'une progression continue. On devrait avancer, accomplir, produire — toujours plus, toujours mieux. Cette norme est non seulement épuisante, elle est fausse. Aucun être vivant ne fonctionne ainsi. Les arbres ont des saisons. Les animaux ont des cycles. Les femmes ont des cycles. Les écosystèmes alternent croissance et repos.

Pourquoi serait-on, nous, censés être en croissance permanente ? Cette injonction nie ce que nous sommes vraiment.

## Les quatre saisons intérieures

**Le printemps.** Quelque chose émerge en vous. Un projet, un désir, une intuition. C'est encore fragile, peu visible. Vous ne savez pas exactement ce que c'est. C'est le moment de la patience et de l'écoute fine. Pas le moment de "lancer".

**Le plein été.** Vos énergies sont en pleine expression. Vous êtes productive, sociable, rayonnante. Vos projets prennent forme. Vous avez l'impression que tout est facile. C'est le moment d'oser, d'engager, de mettre en mouvement.

**L'automne.** Quelque chose commence à mûrir et à se déposer. L'élan baisse mais la profondeur monte. Vous récoltez ce que vous avez planté. Vous commencez aussi à voir ce qui mérite d'être laissé. C'est le moment du tri, du bilan, de la sélection.

**L'hiver.** Vous avez peu d'élan extérieur. Vous avez besoin de vous retirer, de dormir plus, de digérer. Vous ne savez pas trop ce qui est en train de germer. C'est le moment du repos, de l'intériorisation, de la patience avec le vide.

Ces saisons ne suivent pas le calendrier. Vous pouvez être en hiver intérieur en juin, en plein été en décembre. Elles ne durent pas non plus toutes le même temps — un hiver peut durer six mois ou trois ans.

## Le piège du décalage

Beaucoup de gens souffrent parce qu'ils essaient de fonctionner dans une saison qui n'est pas la leur.

L'hivernal qui s'oblige à "agir" en plein moment de retrait s'épuise et se déprime. Le printannier qui force à "finaliser" alors qu'il devrait juste laisser émerger sabote son propre projet. L'estival qui s'interdit de briller par modestie sociale s'éteint.

Reconnaître sa saison, c'est cesser ce combat contre soi-même.

## Comment reconnaître la sienne

**Indices d'un printemps.** Vous avez des intuitions floues mais récurrentes. Vous êtes attiré(e) par des choses nouvelles sans savoir pourquoi. Vous sentez qu'"il y a quelque chose qui vient" sans pouvoir le nommer.

**Indices d'un plein été.** Vous avez une énergie naturellement haute. Vos relations sont fluides. Les projets se concrétisent presque sans effort. Vous êtes "dans le flow".

**Indices d'un automne.** Quelque chose s'achève. Vous avez moins envie de commencer du nouveau. Vous voulez consolider, terminer, ranger. Vous êtes plus introspectif/ve.

**Indices d'un hiver.** Vous êtes fatigué(e) sans avoir fait grand-chose. Vous avez besoin de seul(e). Vous n'avez pas d'élan. Le monde extérieur vous semble lointain.

## Vivre avec sa saison

Une fois identifiée, le travail consiste à honorer ce qu'elle demande au lieu de la combattre.

En printemps : ne rien lancer trop vite. Laisser émerger.

En été : oser et engager pendant que c'est facile. Ce ne sera pas toujours le cas.

En automne : récolter, trier, déposer ce qui doit l'être.

En hiver : dormir plus, ralentir, accepter de ne pas savoir où on va. La saison du germe invisible.

## Le vrai progrès

Le vrai progrès n'est pas une ligne droite ascendante. C'est une spirale qui repasse par les mêmes saisons mais à des niveaux de profondeur différents. Chaque hiver intérieur prépare un printemps plus juste. Chaque été récolte ce que les saisons précédentes ont semé.

Honorer ses saisons, c'est se réinscrire dans le vivant — au lieu d'essayer d'être une machine qui produit en continu.