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Spiritualité

Les 3 gunas : sattva, rajas et tamas

Christine Gaubert

Christine Gaubert

Praticienne LaHoChi & Consultante Akashique

Pourquoi, certains jours, tout est clair et léger, et d'autres tout est lourd, embrumé, ou au contraire fébrile et dispersé ? La philosophie indienne propose une grille étonnamment juste pour lire ces états : les trois gunas. Trois qualités fondamentales qui, en se mélangeant en proportions variables, colorent tout — la matière, la nourriture, les pensées, les humeurs, les moments de la journée.

Guna signifie « qualité », « brin », « corde ». Selon la tradition, toute la nature manifestée est tissée de trois gunas, présents partout mais en dosages différents.

Les trois qualités

Sattva — la clarté. L'équilibre, la lumière, la paix, la lucidité. Un état sattvique est calme et clair : l'esprit présent, le corps léger, le cœur ouvert. C'est l'état du petit matin après une bonne nuit, d'une méditation réussie, d'un moment de vraie sérénité.

Rajas — le mouvement. L'activité, l'agitation, le désir, la passion. Le rajas met en mouvement : c'est l'énergie de l'action, mais aussi celle de l'agitation, de l'ambition dévorante, du mental qui n'arrête pas. Trop de rajas épuise et disperse.

Tamas — l'inertie. La lourdeur, l'obscurité, l'immobilité, la torpeur. Nécessaire au sommeil et au repos, le tamas devient, en excès, léthargie, confusion, découragement.

Un trio en mouvement permanent

Aucun des trois n'est « mauvais » : les trois sont nécessaires. On a besoin de tamas pour dormir, de rajas pour agir, de sattva pour discerner. Le problème n'est pas la présence d'un guna, mais son excès ou son blocage. Une journée saine passe par les trois : le repos prépare l'action, qui, apaisée, laisse place à la clarté.

L'art consiste à reconnaître dans quel guna on se trouve, puis à se rééquilibrer. Trop de tamas, avachi et embrumé ? Un peu de rajas : bouger, marcher, agir. Trop de rajas, fébrile et dispersé ? Ramener du sattva : ralentir, respirer, calmer le mental.

Cultiver le sattva

La tradition yogique cherche à augmenter la part de sattva, sans nier les deux autres. Quelques leviers : une alimentation fraîche et simple plutôt que lourde ou excitante, un rythme régulier, du temps dans la nature, la méditation, et surtout le repos vrai — car un excès de fatigue bascule vite en tamas. La fatigue n'est d'ailleurs pas une faiblesse mais un signal à écouter. Le prana circule d'autant mieux dans un terrain sattvique.

En résumé

Les trois gunas — sattva (clarté), rajas (mouvement), tamas (inertie) — sont les trois qualités qui colorent tous nos états. Aucun n'est à rejeter ; l'équilibre consiste à les faire circuler et à cultiver la part de clarté. Une grille simple et puissante pour lire ses humeurs et savoir de quoi on a besoin.