Aller au contenu
Spiritualité

Aller à la rencontre de son enfant intérieur : méditation guidée

Christine Gaubert

Christine Gaubert

Praticienne LaHoChi & Consultante Akashique

Il y a en vous quelqu'un qui a cinq ans, ou huit, ou douze. Quelqu'un qui a eu peur un soir précis, qui a appris à se taire, qui a décidé un jour qu'il valait mieux ne pas déranger. Cette part-là n'a pas grandi avec le reste. Elle attend, et de temps en temps, elle prend les commandes : une réaction disproportionnée, une vieille peur, un besoin qu'on ne comprend pas.

La méditation de l'enfant intérieur consiste à aller, doucement, à sa rencontre. Non pour analyser l'enfance, mais pour réparer de l'intérieur un lien qui s'est coupé — un travail proche de celui sur les blessures d'enfance à l'âge adulte. C'est délicat. Prenez-le au sérieux et sans précipitation.

Avertissement préalable

Si vous avez vécu des traumatismes lourds, cette pratique peut rouvrir des portes qu'il vaut mieux franchir accompagné(e) — par un thérapeute, un praticien. Ne forcez jamais. Si à un moment c'est trop, vous ouvrez les yeux et vous arrêtez. Vous restez aux commandes du début à la fin.

Avant de commencer

Un lieu sûr, chaud, où personne ne vous dérangera. Une vingtaine de minutes. Ayez de quoi vous couvrir, et éventuellement un objet réconfortant à portée de main. Allongé(e) ou assis(e), à votre convenance.

Étape 1 — Descendre (3 minutes)

Fermez les yeux, respirez par le ventre, laissez le corps se poser. Imaginez que vous descendez un escalier doux, marche après marche, vers un lieu intérieur. En bas, une pièce, ou un jardin, ou un endroit de votre enfance. Un lieu où l'enfant que vous étiez se trouve.

Étape 2 — Le voir (4 minutes)

Laissez l'enfant apparaître. Quel âge a-t-il ? Comment est-il habillé ? Que fait-il ? Quelle est son expression ? Ne fabriquez pas : laissez l'image se présenter d'elle-même, même floue, même incomplète. Parfois c'est une sensation plus qu'une image. Cela suffit.

Observez ce que vous ressentez en le voyant. De la tendresse ? De la gêne ? De la tristesse ? Une envie de fuir ? Tout est information. Si vous n'avez envie que de le serrer, faites-le. Si quelque chose résiste, restez simplement présent à distance — la confiance se construit.

Étape 3 — Lui parler (5 minutes)

Approchez-vous à son rythme. Mettez-vous à sa hauteur. Et dites-lui ce dont il a eu besoin, à l'époque, et que personne ne lui a dit. Les phrases sont simples, presque toujours les mêmes : *Tu n'as rien fait de mal. Je te vois. Je ne te laisse pas. Maintenant, c'est moi qui m'occupe de toi.*

Dites-les intérieurement, lentement, en regardant l'enfant. Observez sa réaction. Souvent, quelque chose se détend — chez lui, et en même temps dans votre corps d'adulte, parce que les deux sont le même corps. C'est tout le principe des mémoires cellulaires et de leur guérison.

Étape 4 — Ramener l'enfant (3 minutes)

Avant de remonter, proposez à l'enfant de venir avec vous, plutôt que de le laisser seul dans le passé. Imaginez que vous le prenez par la main, ou que vous le portez, et que vous remontez l'escalier ensemble. Il vit en vous, désormais consciemment. Vous pourrez le retrouver quand vous voudrez.

Remontez, sentez votre corps d'adulte, la pièce autour de vous. Ouvrez les yeux. Restez doux avec vous-même le reste de la journée.

Une femme d'une cinquantaine d'années m'a confié, après plusieurs séances de ce travail, qu'elle avait enfin compris pourquoi elle s'excusait de tout, tout le temps : la petite fille en elle croyait encore qu'elle dérangeait rien qu'en existant. Lui dire, des dizaines de fois, qu'elle avait le droit d'être là a fait plus que des années de raisonnement.

Pour prolonger

Le pardon — à ses parents, à soi — fait souvent suite naturellement à ce travail, quand on est prêt(e). La méditation de pardon en 7 étapes en propose un chemin progressif. Mais rien ne presse : on ne pardonne pas sur commande, et l'enfant intérieur demande d'abord à être vu avant tout le reste.