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Akashique

D'où viennent les Annales Akashiques ? Un peu d'histoire

Christine Gaubert

Christine Gaubert

Praticienne LaHoChi & Consultante Akashique

Le mot est ancien, l'idée d'archives est récente : c'est ce que révèle l'origine des Annales Akashiques. « Akasha » est un terme sanskrit. L'image d'un registre qui garderait tout ce qui a été vécu naît dans la théosophie, à la fin du XIXe siècle, puis passe par Rudolf Steiner et Edgar Cayce. Le récit tient en quelques noms et quelques dates. Il montre ce que l'on sait, ce qui reste discuté, et pourquoi cette histoire ne prouve ni ne réfute rien.

Que veut dire « akasha » ?

Akasha est un mot sanskrit que l'on traduit par « éther », « espace », « ciel ». Il est très ancien. En hindouisme, il désigne l'un des cinq éléments de base, lié au son ; en jaïnisme et en bouddhisme, il désigne l'espace.

Aucun de ces sens ne parle d'archives. Le rapprocher d'un registre est une idée venue beaucoup plus tard.

Quelle est l'origine des Annales Akashiques ? La théosophie du XIXe siècle

Helena Blavatsky (1831-1891), figure de la Société théosophique, introduit le mot akasha dans la théosophie. Elle évoque des « tablettes indestructibles de la lumière astrale » qui garderaient le passé et l'avenir. Alfred Percy Sinnett diffuse ensuite l'idée dans Esoteric Buddhism (1883). Il y cite un passage de Henry Steel Olcott, tiré de A Buddhist Catechism (1881), selon lequel le bouddhisme ancien tenait à une permanence des archives dans l'akasha.

Détail curieux : dans l'édition en ligne que nous avons consultée, l'expression exacte « akashic records » n'apparaît pas. Selon certaines sources, c'est avec C. W. Leadbeater et son ouvrage Clairvoyance, en 1899, que l'association entre le mot et l'idée s'achève.

Qui a employé l'expression le premier ? On ne le sait pas. Attribuer l'invention à Blavatsky ou à Sinnett serait un raccourci. Ce que l'on peut dire, c'est qu'elle s'est formée dans ce cercle, en quelques décennies, à partir d'un mot ancien et d'une idée neuve.

Le vocabulaire lui-même flotte. La page de la consultation parle d'Annales, d'Archives ou de Mémoires Akashiques, Steiner de « chronique », les auteurs anglophones de « records ». Quand vous lisez un texte sur le sujet, notez donc quel mot il emploie, et à quel auteur il se réfère.

Steiner et Cayce : deux voix du XXe siècle

Rudolf Steiner, fondateur de l'anthroposophie, publie de 1904 à 1908 dans la revue Lucifer-Gnosis une série d'articles intitulée « Aus der Akasha-Chronik ». Traduite en anglais en 1959 sous le titre Cosmic Memory, elle décrit ce qu'il dit avoir lu dans ces chroniques, notamment des visions sur l'Atlantide et la Lémurie. Ce sont ses affirmations à lui. La préface de l'édition anglaise reconnaît elle-même que de tels écrits « ne peuvent manquer d'apparaître comme de la pure fantaisie à la plupart des lecteurs non préparés ».

Edgar Cayce (1877-1945), Américain, donnait des « lectures » en état de transe. À partir de 1923-1925 environ, elles ont porté sur la réincarnation et des sujets métaphysiques. Il aurait déclaré accéder aux registres akashiques, un thème qui apparaît dans ses lectures des années 1920 et 1930, sous influence théosophique. Des sceptiques, dont Martin Gardner et Joe Nickell, n'ont trouvé aucune preuve empirique de ses capacités.

Aujourd'hui : un champ d'information ?

En 2004, le philosophe des sciences hongro-américain Ervin Laszlo publie Science and the Akashic Field. Il y propose que l'espace apparemment vide de l'univers soit un champ d'information contenant la mémoire de tout ce qui a eu lieu, qu'il nomme « champ akashique ». C'est une hypothèse spéculative de l'auteur, que la physique ne reconnaît pas comme théorie établie.

Pour le dire simplement : en dehors de témoignages, rien ne démontre l'existence de ces archives. Ni leur récit historique, ni les hypothèses récentes n'y changent quoi que ce soit.

Repères chronologiques

  • 1881 : Olcott publie A Buddhist Catechism, dont Sinnett citera un passage sur les archives dans l'akasha.
  • 1883 : Sinnett cite ce passage dans Esoteric Buddhism.
  • 1899 : C. W. Leadbeater publie Clairvoyance.
  • 1904 à 1908 : Steiner publie ses articles sur la chronique akashique.
  • 1931 : fondation de l'Association for Research and Enlightenment, liée à Cayce.
  • 2004 : Ervin Laszlo publie Science and the Akashic Field.

Cette liste dit une chose simple : l'idée d'archives, elle, tient en un peu plus d'un siècle, ce qui est bref au regard des millénaires que l'on prête parfois à la pratique.

Ce que cette histoire change pour vous

Une chronologie n'est pas une réfutation. Une pratique peut être jeune et utile à certains, comme elle peut être ancienne et sans intérêt pour d'autres. En revanche, l'histoire aide à distinguer trois registres : le fait (les dates, les livres), la tradition (l'idée d'archives, transmise par des auteurs spirituels) et le vécu (ce que des personnes disent ressentir).

Elle permet aussi d'éviter trois raccourcis. « Ça vient des textes védiques » : le mot est ancien, pas l'idée d'archives. « Blavatsky a inventé l'expression » : rien ne l'établit. « Steiner a lu les faits réels de la préhistoire » : c'est son affirmation, pas un constat.

La lecture akashique telle que ce site la décrit se situe du côté de la tradition et du vécu. Elle repose sur un rituel d'ouverture, avec un décret et une prière, et non sur une méthode scientifique, ce que le site ne prétend d'ailleurs pas. Vous pouvez d'ailleurs demander à n'importe quel praticien sur quelle tradition il s'appuie, et comment il présente sa pratique : croyance, outil de réflexion, accompagnement ? Une réponse claire est bon signe.

Pour poursuivre, sept idées reçues remettent quelques mythes à leur place, et l'article sur les Annales Akashiques et le libre arbitre revient sur l'image du livre déjà écrit.

Curieux de la pratique elle-même ? Vous pouvez patienter sans rien manquer d'essentiel : les consultations des Annales Akashiques restent à venir, et leur page rappelle qu'elles ne relèvent pas de la voyance et ne remplacent pas un suivi médical ou psychologique.