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Spiritualité

Respiration alternée (nadi shodhana) : guide pas à pas

Christine Gaubert

Christine Gaubert

Praticienne LaHoChi & Consultante Akashique

La respiration alternée consiste à inspirer par une narine, à expirer par l'autre, puis à inverser, en fermant chaque narine du bout des doigts. Elle vient du hatha yoga, où elle s'appelle nadi shodhana. Ce guide explique la posture, le geste, un rythme doux pour débuter et les précautions à connaître. Deux à cinq minutes suffisent, et l'on ne retient jamais son souffle.

D'où vient la respiration alternée ?

Nadi shodhana, aussi appelée anuloma viloma, est une pratique de pranayama, la discipline du souffle en yoga. Des textes classiques comme le Hatha Yoga Pradipika, au XVe siècle, la décrivent en insistant sur une progression douce, non forcée. Dans cette tradition, on dit qu'elle purifie les nadis, des canaux d'énergie. C'est un cadre traditionnel, pas un fait mesuré par la physiologie.

Ce que la recherche permet de dire

Une méta-analyse de 2024 (Nam et collègues, dans Complementary Medicine Research), portant sur six essais randomisés et 525 participants, rapporte une baisse de la tension artérielle. Mais les résultats varient beaucoup d'une étude à l'autre, peu d'essais étaient menés en aveugle, et les auteurs demandent de meilleures études.

En clair : de petites études suggèrent un effet sur la tension, mais les preuves restent limitées. Cette pratique ne remplace pas le suivi d'une tension trop élevée par un médecin. Voyez-la comme un moment pour ralentir, pas comme un moyen de faire baisser votre tension.

Posture et position des doigts

Asseyez-vous le dos droit, sur une chaise ou sur un coussin, les épaules relâchées et les pieds bien posés si vous êtes sur une chaise. La main gauche repose sur la cuisse. Levez la main droite, repliez l'index et le majeur vers la paume. Le pouce servira à fermer la narine droite, l'annulaire la narine gauche.

Le geste est léger : on effleure le côté du nez, on n'appuie pas. Avant de commencer, mouchez-vous si besoin, coupez les notifications et installez-vous là où personne ne viendra vous chercher pendant cinq minutes. Si le bras se fatigue, appuyez le coude dans la paume de l'autre main, ou faites une pause.

Le déroulé, un tour après l'autre

Première étape : expirer doucement. Fermez la narine droite avec le pouce et expirez tranquillement par la narine gauche, sans forcer.

Deuxième étape : inspirer à gauche. Toujours narine droite fermée, inspirez par la gauche en comptant jusqu'à quatre, sans bruit.

Troisième étape : changer de côté. Fermez la narine gauche avec l'annulaire, relâchez le pouce et expirez par la droite en comptant jusqu'à quatre.

Quatrième étape : inspirer à droite. Inspirez par la narine droite, toujours sur quatre temps, puis fermez-la avec le pouce, relâchez l'annulaire et expirez par la gauche. Vous venez de faire un tour complet. Comptez environ une seconde par temps : un tour dure alors une quinzaine de secondes, et cinq tours prennent un peu plus d'une minute.

Cinquième étape : répéter, puis faire une pause. Repartez de la deuxième étape (l'étape un ne se fait qu'au tout début) et enchaînez cinq tours au total la première semaine. Vous pouvez vous arrêter à tout moment. Ensuite, reposez la main sur la cuisse et respirez normalement par les deux narines pendant une minute. Observez simplement ce qui est là.

Rythme, durée et ce qu'il vaut mieux éviter

Comptez quatre temps à l'inspiration et quatre à l'expiration, avec un souffle doux, régulier et silencieux, sans chercher à remplir vos poumons. Ne retenez jamais votre souffle : enchaînez l'inspiration et l'expiration sans pause. Évitez aussi les respirations rapides ou forcées. La première semaine, faites cinq tours ; ensuite, ajoutez un ou deux tours par semaine, sans dépasser cinq minutes.

Si compter vous agace, laissez le compte de côté et suivez seulement la sensation de l'air. Pour une autre pratique d'attention, la méditation de la bougie demande elle aussi calme et prudence, et la méditation pour calmer le mental s'adresse aux moments où les pensées tournent. Au début, vous remarquerez surtout la difficulté à coordonner les doigts et le compte : cela devient plus fluide avec la pratique.

Les erreurs les plus fréquentes tiennent en quelques lignes :

  • presser trop fort sur le nez, ce qui crispe le visage et l'épaule
  • souffler bruyamment ou trop vite, alors que le souffle doit rester presque silencieux
  • allonger le compte pour « bien faire », jusqu'à manquer d'air : mieux vaut un compte court et confortable
  • ignorer une gêne sous prétexte que « ça va passer »

Côté moment, deux à cinq minutes le matin, en pause dans la journée ou avant de vous coucher conviennent bien. Ne la pratiquez jamais en conduisant ni en marchant : elle demande votre attention entière.

Quand s'arrêter, et quand en parler à un médecin

Arrêtez à la moindre sensation de vertige, de malaise, de gêne respiratoire ou de douleur, et revenez à une respiration naturelle. La Cleveland Clinic conseille de s'arrêter en cas de vertige et de demander l'avis d'un professionnel de santé avant de commencer une nouvelle pratique. Avec un nez bouché, ne forcez pas : repoussez la séance.

Si vous êtes enceinte, ou si vous avez de l'hypertension, de l'asthme ou un trouble cardiaque, demandez d'abord l'avis de votre médecin. Le NCCIH, centre américain, recommande d'ailleurs aux personnes enceintes, âgées ou ayant des problèmes de santé d'en parler à leur professionnel de santé et à l'instructeur de yoga.

Ces exercices de souffle ne remplacent pas un avis médical, surtout en cas de tension, d'asthme ou de grossesse. Si vous cherchez plutôt un temps où l'on s'occupe de vous, le soin LaHoChi à distance est une possibilité parmi d'autres.