Automne : ce qu'il est temps de laisser tomber

Christine Gaubert
Praticienne LaHoChi & Consultante Akashique
Lâcher prise en automne, c'est laisser partir ce qui n'a plus de rôle dans votre vie, comme l'arbre laisse tomber ses feuilles avant l'hiver. Rien de mystique là-dedans. Cinq choses que l'on peut poser dès maintenant, une méthode de tri qui tient en vingt minutes, et une mise en garde : tout ne se lâche pas sur commande.
Pourquoi l'automne est-il un bon moment pour trier ?
L'automne donne un repère visible : ce qui tombe se voit. Les arbres se dégarnissent, les jardins sont rangés, les placards changent de contenu. On sort les manteaux, on repousse les sandales au fond. Ce geste banal, que tout le monde fait sans y penser, contient déjà l'idée du tri.
Il y a aussi le calendrier. La fin de l'année approche, et avec elle l'envie de savoir ce que l'on emmène ou non. Il arrive que l'on s'aperçoive, en novembre, que l'on porte certaines choses depuis janvier sans savoir pourquoi. Le tri d'automne n'est pas un ordre de faire mieux. C'est une façon de libérer de la place avant l'hiver, dans l'esprit des saisons intérieures : à chaque période son travail.
Cinq choses à laisser tomber à l'automne
- L'idée de tenir la même allure toute l'année. Les jours raccourcissent, votre rythme peut suivre.
- Les engagements pris par politesse. Celui qui vous fait soupirer chaque fois qu'il revient dans l'agenda.
- Le dossier resté ouvert au fond de la tête. Terminez-le en vingt minutes, déléguez-le ou déclarez-le abandonné, mais cessez de le traîner.
- Les comparaisons du soir. Faire défiler la vie des autres au moment de vous coucher rend rarement la soirée plus douce.
- Une rancune devenue une habitude. Non pour pardonner à tout prix, mais pour décider si elle mérite encore un abonnement mensuel à votre attention.
Lâcher prise ou abandonner : où est la différence ?
Abandonner, c'est laisser tomber par lassitude, en gardant une pointe de honte. Lâcher prise, c'est décider, les yeux ouverts, de ne plus porter quelque chose. La différence se sent dans le corps : après avoir posé un engagement, vous éprouvez un soulagement net, ou bien un malaise qui ressemble à un aveu d'échec ?
Si c'est le malaise, ne forcez pas. Remettez la décision à plus tard, ou cherchez une version plus petite : une réunion sur deux, un rendez-vous par mois, une réponse écrite plutôt qu'une visite. Un tri d'automne n'est pas définitif. Ce que l'on met de côté en novembre peut revenir au printemps, si l'envie est revenue elle aussi.
Une méthode de tri en vingt minutes
Prenez une feuille et tracez trois colonnes : je garde, je transforme, je laisse. Passez ensuite en revue ce qui occupe votre semaine : rendez-vous, obligations, habitudes, personnes, objets. Placez chaque élément dans une colonne, sans réfléchir plus de dix secondes.
Un exemple aide à visualiser. Imaginez une personne qui prépare, depuis trois ans, le gâteau du déjeuner d'équipe du jeudi, par habitude plus que par plaisir. Elle l'écrit dans « je transforme » : un gâteau acheté une semaine sur deux, puis plus du tout si personne ne s'en plaint. Le geste est minuscule, mais il libère un jeudi soir entier, et il ne vexe personne.
Le test qui aide le plus : imaginez que cette chose disparaisse demain matin. Respirez-vous mieux, ou êtes-vous inquiet ? La réponse tombe vite, et elle n'est pas toujours celle que l'on attendait.
Limitez la colonne « je laisse » à trois éléments. Ce qui est retiré d'un coup laisse un vide que l'on comble aussitôt par autre chose. Faites-en un seul cette semaine, un autre dans quinze jours. Pour aller plus loin par l'écriture, vingt questions pour se recentrer en automne proposent un cadre plus long.
Certaines personnes aiment marquer le passage par un geste simple : ramasser une feuille sur le chemin, penser à ce que l'on laisse, puis la reposer là où on l'a trouvée. Ce geste n'a aucun pouvoir en lui-même. Il rend le tri visible, et cela suffit à certains.
Ce que l'on ne lâche pas sur commande
Le lâcher-prise a un mauvais côté : on en fait parfois une consigne de plus. « Lâchez ça » devient un jugement quand on parle d'un deuil, d'une maladie, d'une séparation ou d'une longue épreuve. Ces choses ne se déposent pas comme un dossier. Elles se portent, avec des jours plus légers que d'autres, et il n'y a pas de date limite. Personne n'a à se demander ce qu'il a fait pour mériter cela.
Si ce qui pèse s'est installé, s'il envahit vos nuits ou vos journées depuis plusieurs semaines, parlez-en à un médecin ou à un professionnel de santé. Et gardez en tête l'illusion du lâcher-prise immédiat : le mouvement se fait à son rythme, rarement à celui qu'on s'impose.
Après le tri, laisser un peu de vide
La tentation est de combler aussitôt l'espace libéré. Un soir sans obligation devient un soir de rangement, une matinée vide devient une matinée de rattrapage. Essayez plutôt de garder une plage vraiment libre, sans but, pendant quelques semaines, et regardez ce qui s'y invite : une envie de marcher, de dormir, d'appeler quelqu'un, ou rien du tout.
Il arrive aussi qu'un peu de tristesse accompagne le tri, parce qu'on laisse des choses que l'on a aimées, ou que l'on a cru devoir aimer. Ce sentiment est normal. Il suffit souvent de lui laisser une soirée, sans chercher à le corriger.
Entre deux étapes du tri, une pause à distance est possible : le soin LaHoChi à distance propose un temps de détente, sur réservation.