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Soin énergétique et traitement médical : les cumuler ?

Christine Gaubert

Christine Gaubert

Praticienne LaHoChi & Consultante Akashique

En général, rien ne s'oppose à ce qu'un soin énergétique s'ajoute à un traitement médical, à condition d'en parler à votre médecin et de ne rien modifier de ce qui est prescrit : il vient en plus, jamais à la place. Il ne pose aucun diagnostic et n'a pas à être caché à votre médecin. Suivent les repères utiles : ce qu'on peut attendre honnêtement d'une séance, ce qu'il faut dire à son médecin, et les signaux qui doivent vous alerter chez un praticien.

Soin énergétique et traitement médical : en plus, jamais à la place

Un traitement prescrit se suit tel qu'il a été prescrit : la dose, la durée, les rendez-vous, les examens de contrôle. Une séance ne modifie pas une ordonnance : seul le médecin qui l'a prescrite peut le faire. Se sentir mieux après un soin est une bonne nouvelle, mais ce n'est pas un feu vert pour alléger un médicament. Toute modification, même minime, se discute avec ce médecin.

Il arrive aussi que la pression vienne de l'entourage : un proche bien intentionné qui affirme qu'un médicament est inutile, ou que « la nature suffit ». La réponse reste la même. La décision se prend avec le médecin qui connaît votre dossier, pas avec un proche, ni avec un praticien en soins énergétiques.

Cette règle n'est pas qu'une précaution de bon sens. La loi du 10 mai 2024 contre les dérives sectaires a créé un délit (article 223-1-2 du Code pénal) pour celui qui pousse, par des pressions ou des manœuvres répétées, une personne atteinte d'une pathologie à abandonner ou à ne pas suivre un traitement médical, en présentant cet abandon comme bénéfique pour la santé alors qu'il risque manifestement d'entraîner des conséquences graves. Le Conseil constitutionnel a précisé que la simple diffusion d'informations à un public indéterminé ne constitue pas ce délit. Un praticien sérieux reste très loin de cette limite. La FAQ du LaHoChi le dit sans détour : la pratique ne se substitue en aucun cas à un suivi médical ou psychologique.

Ce qu'un praticien sérieux ne fait pas

Des appellations comme « énergéticien » ou « praticien en soins énergétiques » ne sont pas des titres protégés et ne correspondent pas à une profession de santé reconnue : il n'existe pas de diplôme d'État. L'Ordre des médecins écrit, dans un rapport de 2025, qu'à ce jour aucun encadrement ni organisme de contrôle n'existe pour ces pratiques. Cela n'interdit pas la pratique : ce qui est interdit, c'est de diagnostiquer, de traiter des maladies ou de prescrire sans être médecin. Selon la jurisprudence rapportée par l'Ordre des médecins, détecter des symptômes de maladie par des « bilans énergétiques » suivis de conseils est un diagnostic : fait de façon habituelle par quelqu'un qui n'est pas médecin, cela relève de l'exercice illégal de la médecine.

D'après la presse spécialisée qui relaie le rapport de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), la vigilance s'impose si un praticien :

  • dénigre la médecine conventionnelle ou votre médecin
  • vous incite à arrêter ou à réduire un traitement
  • promet une guérison « miracle » à la place des soins médicaux

Si l'un de ces points apparaît, la meilleure réponse est de partir. À l'inverse, quelques réflexes rassurent : un praticien qui vous demande où vous en êtes de votre suivi médical, qui répète qu'une séance ne remplace rien, qui vous encourage à consulter au moindre doute et qui accueille vos questions sans s'offusquer. Cherchez une pratique qui reste à sa place plutôt qu'une promesse.

Ce qu'on peut attendre d'une séance, honnêtement

Le NCCIH, centre américain de santé complémentaire, note à propos du Reiki, pratique voisine, qu'aucune preuve scientifique ne soutient l'existence du champ d'énergie censé jouer un rôle. Une revue Cochrane de 2015 sur le Reiki dans l'anxiété et la dépression conclut que les preuves sont insuffisantes pour dire s'il est utile ou non. Une recherche dans la base Europe PMC n'a retrouvé aucune étude publiée sur le LaHoChi (recherche non exhaustive), ce qui ne prouve pas qu'il n'en existe aucune.

Ce que disent certaines personnes, en revanche, c'est qu'elles se sentent plus calmes ou plus détendues. On ne peut pas dire ce qui tient à l'attention reçue, à l'attente ou au cadre. Quand on traverse une période de traitements lourds, un temps de calme où quelqu'un vous écoute sans rien attendre peut pourtant compter. C'est déjà beaucoup pour certaines personnes.

Ce qu'il faut dire à votre médecin

Vous n'avez besoin de l'autorisation de personne pour vous détendre, mais parlez-en. Le NCCIH recommande d'informer ses professionnels de santé de toute approche complémentaire utilisée. Une phrase suffit : « Je reçois aussi des séances de détente à distance, en plus de mon suivi. » Ce n'est pas un aveu, c'est une information sur votre vie. Si votre médecin se montre réservé, demandez-lui pourquoi : il connaît votre situation, même s'il ne connaît pas la séance. Pour lui décrire ce qui s'y passe, le déroulé d'un premier soin à distance est expliqué pas à pas.

Notez aussi ce que vous remarquez après une séance : fatigue, émotions, meilleur sommeil. Un nouveau symptôme, une douleur qui persiste, une fièvre ne se confient pas à un praticien en soins énergétiques : ils se confient à un médecin.

Trois situations, trois réponses

Un traitement au long cours. Après en avoir parlé à votre médecin, vous pouvez recevoir un soin sans rien changer à votre quotidien médical. Gardez votre médicament, vos horaires, vos contrôles.

Une période de traitements lourds. La fatigue est déjà là, et une séance peut y ajouter une fatigue passagère ou des émotions. Choisissez le moment avec l'équipe qui vous suit, et prévoyez du repos ensuite. Si une heure de visio est trop longue, le soin en différé est une autre option : l'échange se fait en visio, puis le soin est réalisé séparément et se reçoit chez vous.

Un symptôme que vous n'osez pas montrer. Un soin ne doit jamais servir à repousser une consultation. Si quelque chose vous inquiète, un médecin doit le voir. Le soin n'est pas une raison d'attendre. L'article sur les signes qui peuvent pousser vers un soin énergétique rappelle d'ailleurs qu'une fatigue qui s'installe vaut d'abord d'être mentionnée à un médecin.

Ajouter un temps de détente à votre parcours de soins reste possible : un soin LaHoChi à distance peut être envisagé, en accord avec l'équipe qui vous suit et sans aucune promesse de résultat.

Les soins énergétiques sont des pratiques de bien-être complémentaires. Ils ne se substituent en aucun cas à un avis médical, un diagnostic ou un traitement prescrit par un professionnel de santé.