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Bien-être

Perfectionnisme : pourquoi rien n'est jamais assez bien

Christine Gaubert

Christine Gaubert

Praticienne LaHoChi & Consultante Akashique

Avec le perfectionnisme, la ligne d'arrivée recule à mesure que l'on avance. Ce n'est pas un manque de talent, c'est une règle intérieure qui dit : tant que ce n'est pas irréprochable, ce n'est pas assez. Cette règle a des raisons d'exister, un coût en temps et en énergie, et des issues. Voyons d'où elle vient, ce qu'elle fait à votre quotidien, et cinq façons de la desserrer sans renoncer à bien faire.

Perfectionnisme ou exigence : où passe la limite ?

Viser la qualité est sain. Le perfectionnisme, lui, supporte mal l'à-peu-près et ne sait pas s'arrêter. Pour faire la différence, regardez ce que produit l'effort. L'exigence vous rend fier(e) quand le travail est fini. Le perfectionnisme vous laisse un goût d'insuffisance, même quand tout le monde vous félicite.

Une personne prépare une présentation de dix minutes. Elle refait deux fois la mise en page, change la police, ajoute une diapositive « au cas où », et dort mal la veille. Le jour venu, personne ne remarque la police. Le temps et le sommeil perdus, eux, sont bien réels.

D'autres indices : vous relisez trois fois un message de quatre lignes, vous ne déléguez pas parce que personne ne le fera comme vous, vous gardez un texte pour vous tant qu'il reste un détail à corriger.

Pourquoi rien n'est jamais assez bien

Sous le perfectionnisme se cache souvent une peur : celle d'être jugé(e), de décevoir, d'être découvert(e) moins compétent(e) qu'on ne le paraît. Le travail impeccable joue alors le rôle d'une armure. Si rien ne dépasse, personne ne pourra critiquer. Cette dépendance au regard d'autrui a une cousine, décrite dans vivre sans chercher l'approbation des autres.

Le mécanisme est traître, car il se nourrit lui-même. Vous atteignez un objectif, la peur ne baisse pas, alors vous relevez la barre. Les compliments glissent, les erreurs restent : une remarque peut peser une semaine, un éloge cinq minutes.

Pour les uns, cette exigence remonte à l'enfance, quand l'affection semblait dépendre des résultats. Pour d'autres, c'est un métier, un environnement ou une culture d'équipe qui ne pardonne pas l'erreur. Dans les deux cas, la règle s'est installée sans que vous l'ayez choisie. Le texte sur apprendre à exister sans avoir à se prouver prolonge cette piste.

Ce que le perfectionnisme coûte, souvent sans bruit

Le premier coût est le temps : deux heures passées sur un détail que personne ne verra. Le deuxième est la fatigue, car l'attention reste tendue en permanence. Le troisième est plus discret : le perfectionnisme rend frileux. On n'ose pas commencer, on n'ose pas montrer, on n'ose pas essayer ce qu'on ne maîtrise pas encore. Enfin, il coûte de la joie : un projet réussi ne se savoure pas, on passe aussitôt à la liste suivante.

Il pèse aussi sur les relations, quand on attend des autres, ou de soi en tant que parent ou partenaire, ce qui n'existe pas. Et il se confond parfois avec la procrastination, dont il peut être l'une des causes : un travail qu'on doit réussir parfaitement fait peur, donc on le remet à plus tard.

Cinq façons de desserrer l'étau

  • Définir le « assez bien » avant de commencer. Écrivez en une phrase ce qui rendra le travail suffisant, puis arrêtez-vous là.
  • Limiter le temps. Réglez une minuterie. Quand elle sonne, vous envoyez, même si vous voyez encore un détail.
  • Choisir où viser l'excellence. Tout ne mérite pas le même soin. Un mail interne n'est pas un dossier de candidature. Décidez à l'avance ce qui compte vraiment cette semaine.
  • Montrer avant que ce soit prêt. Partagez une version presque terminée avec quelqu'un de bienveillant. Vous constatez que le monde continue de tourner.
  • Compter ce qui est fini. Le soir, notez trois choses terminées, même imparfaites. L'attention court vers ce qui manque : vous l'entraînez aussi à voir ce qui est fait.

Ces gestes paraissent minuscules. C'est voulu : beaucoup de personnes constatent que le perfectionnisme résiste aux grandes résolutions et cède plus volontiers à de petits essais répétés. Choisissez-en un seul pour cette semaine, et observez ce qui arrive quand vous vous arrêtez avant d'avoir tout corrigé. Il arrive que la réaction des autres soit bien plus légère que celle que vous redoutiez.

Se parler autrement

La voix qui juge parle souvent en ordres et en absolus : « il faut », « jamais », « toujours ». Essayez de la reformuler en constat : « Ce texte est perfectible, et il est utile tel qu'il est. » Vous ne mentez pas, vous ajoutez la moitié de la phrase que l'exigence supprime.

Si vous êtes plus dur(e) avec vous qu'avec les autres, un test simple : accepteriez-vous ce travail venant d'une collègue ? Si oui, vous appliquez à vous-même un barème que vous n'appliqueriez pas à elle. Ce barème n'est pas une vérité, c'est une habitude, et les habitudes se modifient à petites doses.

Remarquez aussi les moments où la règle s'assouplit d'elle-même : en vacances, avec un enfant, en cuisine un dimanche. Ces exceptions montrent que l'exigence n'est pas une nature, mais un mode de fonctionnement qui varie selon le contexte.

Quand un accompagnement peut aider

Si l'exigence se traduit par des nuits raccourcies, des évitements, des crises d'angoisse, une peur intense de l'erreur ou des symptômes physiques, parlez-en à votre médecin ou à un psychologue. Ce n'est pas un aveu de faiblesse. Un professionnel peut vous aider à défaire la règle qui vous fait souffrir, à votre rythme.

Rien n'est à réussir dans un soin LaHoChi à distance, et personne n'y note votre performance. Il ne remplace pas un accompagnement psychologique.